Traduction de Montague Rhodes JAMES - The tractate Middoth 2ième partie

Publié le 22 Mai 2010

 

Suite de la traduction de "tractate middoth"

 

 

Bref, il  était donc à la tête de biens immobiliers importants et d'une grosse fortune comme cela s'est avéré par la suite et il en disposait à sa guise. Il était entendu qu'après sa mort tout cela serait partagé entre mon cousin et moi.

 

Un certain hiver, il y a plus de vingt ans comme je l'ai déjà dit, il est tombé malade et je lui ai servi de garde-malade. Mon mari était encore vivant, mais le vieil homme refusait catégoriquement de le voir. Comme je me dirigeais vers sa maison, je croisais mon cousin John qui en revenait à vive allure et paraissait être, à ce qu'il me semble, dans les meilleures dispositions.

 

Arrivé sur place je fis tout ce que je pouvais pour mon oncle mais j'étais sûr qu'il vivait ses derniers instants et il en était convaincu lui aussi. Le jour précédent sa mort, il me pria de rester assise près de lui tout le temps et je devinais qu'il avait quelque chose de déplaisant à me dire mais qu'il attendait le dernier moment pour me l'annoncer heureux, j'en ai peur, de me voir sous pression et savourant par avance l'effet qu'aurait sur moi cette révélation.

 

A la fin, il finit par parler : « Mary » dit-il « Mary, j'ai mis John sur mon testament, je lui lègue tout ». Bien sûr, ce fut une amère déconvenue pour moi. Mon mari et moi n'étions pas des gens fortunés et cela aurait facilité la vie de mon époux d'avoir cet argent, peut-être même serait-il encore en vie à l'heure qu'il est. Mais je ne dis rien à mon oncle hormis le fait qu'il disposait de son argent comme il l'entendait, que pouvais-je dire, de plus je sentais que quelque chose d'autre était encore à venir et, de fait, il continua :

 

« Mais Mary, je n'ai pas trop d'affection pour John et j'ai fait un autre testament en ta faveur, tu peux tout avoir, seulement tu dois le trouver seule car je ne te dirai pas où il est ».

 

Il rit en lui-même et j'attendais car je savais qu'il n'avait pas fini.

 

« Tu es une bonne fille » continua-t-il « je vais te dire ce que John sait déjà mais, n'oublie pas, tu ne pourras faire appel au tribunal avec ce que je vais t'apprendre car tu n'auras d'autre preuve que ta parole et John pourrait jurer du contraire si c'était nécessaire. Très bien, alors c'est entendu.

 

Maintenant, j'ai eu la fantaisie de ne pas vouloir l'écrire de la manière habituelle alors je l'ai inscrit dans un livre, Mary, un livre imprimé.

 

Il y en a plusieurs milliers dans cette maison mais ce n'est pas la peine de vous fatiguer à chercher parmi eux car il n'est pas ici, il est conservé ailleurs : dans un endroit où John peut se rendre chaque jour pour le prendre s'il savait où aller.

 

Il est complément légal : signé et authentifié devant témoins mais, n'espérez pas trouver qui sont ces témoins ».

 

J'avais une furieuse envie de secouer ce misérable mais je ne bougeai pas et ne dis rien. Il continuait à glousser en lui-même et, à la fin, dit :

 

« Bien, bien, je vois que tu prends ça sereinement et, comme je veux que vous soyez sur un pied d'égalité et que John a un peu d'avance en sachant que c'est un endroit où il peut se rendre, je vais te dire une ou deux choses qu'il ne sait pas : Le testament est rédigé en Anglais, mais pas le livre dans lequel il se trouve. C'est une première chose, et la deuxième est un indice que tu trouveras dans une enveloppe à ton nom dans mon bureau. A toi de savoir le déchiffrer ».

 

Quelques heures après il était mort, je prévins John Eldred et lui racontais tout ceci.

 

« John Eldred dites-vous, j'ai déjà vu un John Eldred, quelle apparence a-t-il ?

 

« Cela fait bien dix ans que je ne l'ai pas vu : ce doit être un homme assez âgé maintenant et s'il ne s'est pas rasé depuis, il portait à l'époque une moustache à la « picadilly ».

 

« C'est cela, c'est bien mon homme ».

 

« Ou l'avez-vous rencontré, M. Garrett ? »

 

« Je ne me rappelle plus l'endroit exact, je crois que c'était dans un lieu public » mentit Garrett « mais vous n'avez pas terminé ».

 

« Eh bien, je n'ai pas grand chose d'autre à ajouter, seulement que John Eldred n'a pas répondu à mes lettres et a bénéficié depuis lors de la succession tandis que ma fille et moi avons tenu cette maison de location. Je dois dire qu'il ne nous a pas mis de bâton dans les roues, comme je craignais qu'il le fasse ».

 

« Mais, qu'en est-il de l'enveloppe ?.

 

« Ah oui, l'enveloppe ; donne à Mr Garrett le papier qui est dans mon bureau ».

 

C'était juste une feuille avec une suite de chiffres : 1 1 3 3 4. Mr Garrett réfléchit et une lumière s'alluma dans ses yeux.

 

Soudain son expression changea et il demanda : « pensez-vous que Mr Eldred ait plus d'indice que vous au sujet du titre du livre ? »

 

« Quelque chose me dit qu'il en sait plus que nous » répondit Mme Simpson, « mon oncle a rédigé le testament peu de temps avant sa mort et l'a fait disparaître rapidement. Les livres de sa maison ont tous été soigneusement catalogués et John en a la liste. Je crois savoir qu'il passe ses journées chez les bouquinistes et dans les bibliothèques, j'en déduit qu'il connaît les livres qui ont disparu de la bibliothèque de mon oncle et qu'il est parti à leur recherche ».

 

« C'est juste, c'est juste » dit Garrett, en reprenant sa méditation.

 

-oOo-

 

Peu de temps après cette soirée, il reçut une lettre et annonça à Mme Simpson qu'à son grand regret, il devait écourter son séjour à Burstow. Il était désolé de laisser Mme Simpson (et en particulier sa fille) dans cet état de détresse, état accentué par son départ soudain.

 

Dans le train Garrett était inquiet et fébrile. Il avait dans l'idée que les références du livre demandé par Mr Eldred à la bibliothèque correspondaient au numéro inscrit sur le bout de papier chez Mme Simpson. Mais, le choc qu'il avait subi la semaine dernière avait totalement effacé de sa mémoire le titre du livre et même la section où il se trouvait. Pourtant la topographie de la bibliothèque était plus claire que jamais dans sa tête mais, pour tout ce qui concernait ce fameux livre, c'était le trou noir.

 

De plus, il avait d'abord hésité puis finalement oublié de demander l'adresse de John Eldred à Mme Simpson. Ceci, toutefois, il pouvait l'obtenir par lettre.

 

En dernier recours, il avait les nombres inscrits sur le papier. Si c'était les références d'un livre de la bibliothèque, leurs interprétations étaient limitées à trois :

1 13 34  - 11 33 4 ou  11 3 34

 

Il pouvait vérifier cela rapidement et, si un livre manquait, il aurait les moyens de suivre sa trace.

 

Après avoir expliqué à sa logeuse et à ses collègues la raison de son retour soudain, il se mit rapidement au travail.

 

1 13 34 était à sa place et ne contenait aucune langue étrangère. Comme il s'approchait dans la même galerie de la section 11, cela réveilla en lui un sentiment d'effroi, mais il devait continuer.

 

Après un rapide coup d’œil à 11 33 4 (un nouveau livre récemment acquis) son regard suivit la rangée commençant par 11 3. L'écart qu'il craignait trouver était là : 34 était absent. Après avoir vérifié qu'il n'avait pas était mal remis en place, il se rendit à l'accueil.

 

« 11 3 34 est sorti, vous rappelez-vous à quel livre correspond ce numéro ? »

 

« Dites donc Garrett, vous croyez que j'ai appris toutes les références de la bibliothèque par cœur, si vous avez du temps à perdre, faites-le ».

 

« Bon, bon, Mr Eldred est-il revenu ? Vous savez, le vieux gentleman qui est passé le jour où je suis tombé malade, vous vous en souvenez ? »

 

« Qu'est-ce que vous croyez, bien sûr que je m'en souviens ! Non, il n'est pas revenu, pas depuis que vous êtes parti en vacances et pourtant il me semble que .... Robert doit savoir. Robert, vous rappelez-vous d'un certain Mr Eldred ? »

 

« vous voulez parler de l'homme qui a donné un bon pourboire pour l'envoi de son colis ? »

 

« Vous voulez dire que vous avez envoyé un livre à Mr Eldred allons, parlez ! L'avez-vous fait ? »

 

« Eh bien, M Garrett, ne vous énervez pas. Si un gentleman fait une demande correctement rédigée, que le secrétaire vous donne son accord, que la boite d'expédition est prête avec l'adresse inscrite dessus et qu'il y a suffisamment d'argent pour couvrir la prise en charge par le train que faites-vous en pareilles circonstances.

 

« Vous avez parfaitement raison, bien sûr Hodgson. Seulement auriez-vous la gentillesse de me montrer la demande de M Eldred et de me donner son adresse ? »

 

« Bien sûr M Garrett, tant que cela ne sort pas du cadre de ma fonction, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider. La demande est dans ce casier :

J. Eldred, 11.3.34 – titre du livre T.A.L.M

 

Et bien, vous pouvez être sûr qu'avec un titre pareil, ce n'est pas un roman, enfin, bref voilà la demande de M Eldred pour le livre en question »

 

«Merci, merci, mais l'adresse, elle ne figure pas sur la feuille ? »

 

« Ah, M Garrett l'adresse était notée directement sur le paquet à envoyez. Je ne l'ai pas gardé en tête, ni inscrite sur mon carnet que voilà où j'écris les noms et adresses des clients, je n'en ai pas eu le temps. »

 

« Savez-vous quand est parti le colis ? »

 

« Dix heures et demie ce matin »

 

« Ah bien, il y a donc peu de temps ».

 

Garrett est remonté en se creusant la tête. Comment avoir l'adresse ? Un télégramme à Mme Simpson ? Il risquait de manquer un train à attendre sa réponse.

 

Oui ! Il y avait un autre moyen. Elle avait dit que Eldred avait hérité de la demeure de son oncle et y vivait. Il pouvait donc trouver l'adresse dans le registre où sont notées les donations maintenant qu'il avait le titre du livre.

 

Une fois le cahier devant lui, il se donna une bonne marge sachant que le vieil homme était mort vingt ans plus tôt et remonta aux années 1870.

 

Il y avait une entrée qui correspondait en 1875 le 14 août : « Talmud Tractacus Middoth Cum Comm. R Nachmanidae – Amstelod. 1707. Donné par J. Rant, D.D., Manoir de Bretfield.

 

Un répertoire géographique lui montra que Bretfiels était situé à trois miles d'une petite gare sur la ligne principale.

 

Maintenant, demander à l'huissier s'il se souvenait si l'adresse du colis ressemblait à Bretfield.

 

« Il me semble maintenant que vous le dites qu'il y avait Bredfiels ou Britfield. »

 

Jusqu'ici tout allait bien, un coup d’œil aux horaires de train : il y en avait un dans vingt minutes, l'unique occasion à ne pas laisser passer, il eut juste le temps de le prendre.

 

S'il avait été nerveux au début de journée, il était maintenant affolé, une foule de questions se bousculait dans son esprit : s'il trouvait Eldred, que pouvait-il dire ? Que le livre était un exemplaire rare et devait réintégrer la bibliothèque ? Un mensonge évident ou qu'il croyait qu'il contenait des notes manuscrites importantes ? Eldred lui montrerait le livre d'où il aurait sûrement enlevé la page. Il pourrait peut-être repérer l'endroit où elle a été arrachée ; Eldred ne manquerait pas de dire qu'il avait remarqué cette mutilation et qu'il la déplorait.

 

En définitif, sa quête était désespérée. Le seul point positif étant que le livre avait quitté la bibliothèque à 10 heures 30, il n'avait peut-être pas été mis dans le train de 11 heures 20. Il aurait alors la chance d'arriver en même temps que lui et de trouver un prétexte pour le récupérer.

 

La journée tirait à sa fin quand il débarqua sur le quai de la petite gare qui semblait anormalement calme. Il attendit que les deux ou trois passagers descendus en même temps que lui s'en aillent pour demander au chef de gare si Mr Eldred était dans le voisinage.

 

« Pour sûr qu'il y est et plus que jamais, j'imagine qu'il attend un colis qu'il a fait expédier. Il a demandé après lui tout au long de la journée, pas vrai Bob (au porteur) ?

 

« Oui, Monsieur, il est encore venu voir il y a deux heures s'il n'était pas arrivé. Qu'importe je l'ai maintenant » et le porteur montra un paquet rectangulaire et Garrett, d'un coup d’œil devina qu'il contenait l'objet tant convoité.

 

« Bretfield, Monsieur ? Oui, à trois miles d'ici. Il y a un raccourci qui coupe à travers ces trois champs et qui vous fera gagner du temps. Ah ! Voilà la voiture de Mr Eldred ».

 

Un cabriolet montait avec deux hommes à l'intérieur et Garrett, qui regardait fixement en quittant la gare, reconnut aisément l'un des deux.

 

Le fait qu'Eldred se fasse conduire était un point en sa faveur, il ne voudrait pas ouvrir le paquet en présence de son serviteur. D'un autre côté, il arriverait plus vite chez lui sans qu'il n'ait eu le temps d'intervenir. Il fallait faire vite. Son raccourci le fit couper à travers champs alors que la voiture devait les contourner. Garrett était arrivé au niveau du troisième quand il entendit les roues de la voiture qui approchait. Il avait fiat le plus vite possible mais la vitesse avec laquelle la voiture le rattrapait le désespéra. A cette allure Eldred aurait regagné sa maison dix minutes avant lui et aurait amplement le temps de mettre son projet à exécution.

 

C'est à ce moment que la chance tourna en sa faveur : la soirée était calme et les sons portaient loin. Il entendit clairement la voiture s'arrêter. Quelques mots furent échangés et elle repartit.

 

Garrett, attendant anxieusement, fut à même de voir, comme elle passait près de l'échalier derrière lequel il se trouvait qu'elle ne contenait plus que le serviteur et il supposa qu'Eldred devait  le suivre à pied.

 

Par-dessus la haie qui bordait la route, il aperçut la figure mince et nerveuse d'Eldred qui passait avec le paquet sous le bras, une main farfouillant dans sa poche. Quelque chose en tomba sans qu'il en prenne conscience, l'herbe ayant amorti sa chute.

 

Garrett attendit d'être hors de vue pour traverser la route et ramasser l'objet : une boîte d'allumettes. Eldred faisait des mouvements avec ses bras qu'il était difficile d'interpréter à cause de l'ombre des arbres qui bordaient la route.

 

Garrett qui suivait précautionneusement en compris la cause quand il trouva, d'abord un bout de ficelle puis l'emballage du colis jeté par-dessus la haie.

 

Maintenant Eldred marchait doucement, il ouvrit le livre et en tourna les pages mais s'arrêta gêné par le manque de lumière. Garrett dissimulé regardait attentivement par un trou dans la haie.

 

Eldred regarda autour de lui puis s'assit sur le tronc d'un arbre abattu, il approcha le livre de ses yeux. Soudain, il le posa ouvert sur ses genoux et fouilla dans ses poches, visiblement irrité de ne pas y trouver ce qu'il cherchait.

 

« Vous aimeriez avoir vos allumettes maintenant » se dit Garrett.

 

Il prit alors une page entre ses doigts et commença à la déchirer avec attention quand deux choses arrivèrent.

 

D'abord quelque chose de noir sembla s'écouler sur la page et tomber sur le sol. Puis, comme il commençait à se retourner une masse sombre prit forme dans l'ombre derrière lui d'où jaillirent deux bras qui couvrirent sa tête et son cou. Ses bras et ses jambes s'agitèrent violemment sans qu'un son ne soit proféré, puis, il n'y eut plus aucun mouvement.

 

Eldred était seul, il avait basculé en arrière, dans l'herbe derrière le tronc d'arbre, le livre était tombé sur la route.

 

Garrett, sa colère et sa méfiance passées à la vue de cette horrible lutte, se précipita en criant à l'aide alors, qu'à son grand soulagement, arrivait un laboureur sortant du champs en face.

 

Ensemble ils soulevèrent Eldred mais il n'y avait plus rien à faire, il était mort.

 

« Pauvre homme » dit Garrett comme ils le reposaient « que s'est-il passé à votre avis ? »

 

« J'étais à une centaine de mètres quand j'ai vu le squire Eldred s'asseoir pour lire un livre et je pense qu'il a été pris de convulsions comme semble le prouver son visage déformé. »

 

« C'est juste » dit Garrett « mais n'avez-vous pas vu quelqu'un près de lui ? Il a pu être attaqué »

 

« Impossible, personne n'aurait pu partir assez vite sans que nous ne l'apercevions »

 

« Je le pense aussi. Nous devons appeler la police et un médecin et je ferai mieux de leur donner ce livre »

 

Il y eut ouverture d'enquête et Garrett du rester à Bretfield pour donner son témoignage.

 

L’autopsie, malgré la présence de poussière noire retrouvée sur le visage et dans la bouche, établit que la mort était du à un arrêt cardiaque et non à l'asphyxie. Le livre fatidique a été examinée : un in-quarto respectable entièrement imprimé en hébreux et aucunement apte à susciter une émotion particulière.

 

« Vous dites, Mr Garrett, que le gentleman, juste avant son attaque, déchirait une page de ce livre ? »

 

« Oui, c'est-ce qu'il m'a semblé »

 

« Il y a une page partiellement déchirée ici. Elle est écrite en hébreux, voulez-vous l'examiner ? »

 

« Il y a trois noms écrit en Anglais, Monsieur, ainsi qu'une date. Mais je suis désolé de vous dire que je ne peux lire l'hébreu ! »

 

« Merci, Les noms semblent être des signatures. Il y a John Rant, Walter Gibson et James Frost et la date est le 20 juillet 1875. Quelqu'un connaît-il ces noms ? »

 

Le recteur qui était présent a confirmé que l'oncle dont a hérité le défunt se nommait Rant. Le livre lui fut donné, il secoua la tête perplexe.

 

« Cela ne ressemble guère à l'hébreu que j'ai pu étudier ».

 

« Vous êtes sûr que c'est de l'hébreu ? »

 

« Comment ? Oui, je suppose... non, mon cher Monsieur, vous avez parfaitement raison. Ce n'est pas de l'hébreu, c'est de l'anglais et il s'agit d'un testament.

 

Il fallut peu de temps pour confirmer que ce qui était inscrit sur la feuille, était le testament du docteur John Rant, lequel léguait à Mme Simpson la totalité des biens revenus en dernier à Mr John Eldred.

 

La découverte d'un tel document expliquait clairement l'agitation de Mr Eldred ,  quant à la déchirure partielle de la feuille, le coroner fit remarquer qu'il n'était pas utile de s'aventurer dans ses spéculations hasardeuses pour en expliquer la raison.

 

Le Tractate Middoth fut naturellement mis à la disposition du coroner pour complément d'enquête.

 

Mr Garrett lui a raconté en privé l'histoire où il avait été indirectement mêlé, les faits et ce qu'il avait pu en déduire.

 

Il est retourné à son travail le lendemain ; son trajet à pied pour rejoindre la gare le faisait passer près du lieu de la catastrophe. Il ne put s'empêcher d'examiner à nouveau la scène bien que le souvenir de ce qu'il y avait vu le fit trembler , même dans la clarté de ce matin ensoleillé.

 

Il marcha en rond avec précaution examinant la zone située derrière le tronc d'arbre abattu. Quelque chose de sombre sur le sol le fit s'arrêter.

 

Regardant plus près, il vit qu'il s'agissait d'un épais amas de toiles d'araignées et, comme il les remuait avec un bâton, il vit en jaillir plusieurs grosses araignées noires qui s'enfuirent dans l'herbe.

 

Il n'est pas difficile de deviner le cheminement qui fit passer Mr Garrett de l'état d'assistant de bibliothèque à celui de futur propriétaire du Manoir de Bretfield, maintenant occupé par sa belle-mère, Mme Mary Simpson

 

Rédigé par Kako's World

Publié dans #Montague Rhodes James

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